Hayao Miyazaki et ses films

Hayao Miyazaki et ses films

Hayao Miyazaki (宮崎 駿, Miyazaki Hayao?) est un dessinateur de manga, un réalisateur de films d’animation japonais et le co-fondateur du Studio Ghibli. Il est né le 5 janvier 1941 à Tōkyō, au Japon.

Presque inconnus en Occident en dehors des cercles d’amateurs d’anime et de manga jusqu’à la sortie internationale de Princesse Mononoké en 1999, ses films rencontrent aujourd’hui un grand succès partout dans le monde et surtout au Japon où certains ont battu des records d’affluence.

Il explore souvent les mêmes thèmes centraux, la relation de l’humanité avec la nature, l’écologie et la technologie, ainsi que la difficulté de rester pacifiste dans un monde en guerre. Les protagonistes de ses films sont le plus souvent de jeunes filles ou femmes fortes et indépendantes, et les « méchants » ont des qualités qui les rendent moralement ambigus.

Ses œuvres sont tout aussi accessibles aux enfants qu’aux adultes. Au Japon, il est considéré comme l’égal d’Osamu Tezuka, et en Occident on le compare souvent avec Walt Disney. Toutefois, Miyazaki reste modeste et explique le succès de son entreprise par la chance qu’il a eu de pouvoir exploiter pleinement sa créativité.

Il reçoit les honneurs du magazine Time en 2006 qui le place comme l’une des personnalités asiatiques les plus influentes des 60 dernières années.

Ses films:

  • Le Garçon et le Héron – 2023
    Un jeune garçon découvre un monde mystérieux après la mort de sa mère. C’est le dernier long-métrage de Miyazaki à ce jour. 
  • Le Vent se lève – 2013
    Une histoire plus réaliste et mélancolique autour de Jirō Horikoshi, ingénieuraéronautique japonais.
  • Ponyo sur la falaise – 2008
    Une petite créature marine qui rêve de devenir humaine et se lie d’amitié avec un garçon.
  • Le Château ambulant – 2004
    Sophie est transformée en vieille femme et se retrouve dans le château magique de l’énigmatique Hauru.
  • Le Voyage de Chihiro – 2001
    Chihiro se retrouve dans un monde peuplé d’esprits et doit trouver un moyen de sauver ses parents.
  • Princesse Mononoké – 1997
    Une aventure épique autour du conflit entre les humains et les forces de la nature.
  • Porco Rosso – 1992
    Un pilote italien transformé en cochon, qui sillonne les mers Adriatique dansson hydravion.
  • Kiki la petite sorcière – 1989
    Une jeune sorcière part vivre seule dans une nouvelle ville pour apprendreà devenir indépendante.
  • Mon voisin Totoro – 1988
    Deux sœurs découvrent les esprits de la forêt, dont le célèbre Totoro.
  • Le Château dans le ciel – 1986
    Deux enfants partent à la recherche de la mystérieuse cité volante de Laputa.
  • Nausicaä de la Vallée du Vent – 1984
    Une princesse tente de préserver la paix entre les humains et une nature devenue extrêmement dangereuse.
  • Le Château de Cagliostro – 1979
    Le premier long-métrage réalisé par Miyazaki, consacré aux aventures de Lupin III.

Thèmes récurrents

Les œuvres de Miyazaki sont caractérisées par la récurrence de thèmes tels que l’écologisme, le pacifisme, le féminisme, l’amour et la famille[182],[183]. Ses récits sont également notables pour ne pas opposer un héros à un antagoniste antipathique[184],[185],[186].

Les films de Miyazaki mettent souvent l’accent sur l’environnementalisme et la fragilité de la Terre[187]. Margaret Talbot affirme que Miyazaki n’aime pas la technologie moderne et qu’il pense qu’une grande partie de la culture moderne est « mince, superficielle et fausse » ; il anticipe une époque où il n’y aura « plus de gratte-ciel »[188]. Miyazaki s’est senti frustré en grandissant pendant l’ère Shōwa, de 1955 à 1965, car « la nature — les montagnes et les rivières — était détruite au nom du progrès économique »[189]. Peter Schellhase, de The Imaginative Conservative, constate que plusieurs protagonistes des films de Miyazaki « tentent de dominer la nature dans le but d’exercer une domination politique, et sont en fin de compte destructeurs de la nature et de la civilisation humaine »[182]. Miyazaki critique l’exploitation sous le communisme et le capitalisme, ainsi que la mondialisation et ses effets sur la vie moderne. Il estime qu’« une entreprise est la propriété commune des personnes qui y travaillent »[190]. Ram Prakash Dwivedi identifie les valeurs du Mahatma Gandhi dans les films de Miyazaki[191].

Plusieurs films de Miyazaki comportent des thèmes anti-guerre. Daisuke Akimoto, de Animation Studies, classe Porco Rosso parmi les films de « propagande anti-guerre » ; il estime que le personnage principal, Porco, se transforme en cochon en partie à cause de son dégoût extrême du militarisme[192]. Akimoto soutient également que Le vent se lève reflète le « pacifisme anti-guerre » de Miyazaki, bien que ce dernier ait déclaré que le film ne cherche pas à « dénoncer » la guerre[193]. Schellhase estime quant à lui que Princesse Mononoké est un film pacifiste en raison de son protagoniste, Ashitaka ; au lieu de se joindre à la campagne de vengeance contre l’humanité, comme son histoire ethnique le pousserait à le faire, Ashitaka aspire à la paix[182]David Loy et Linda Goodhew soutiennent que Nausicaä de la vallée du vent et Princesse Mononoke ne dépeignent pas le mal traditionnel, mais les racines bouddhistes du mal : l’avidité, la mauvaise volonté et l’illusion ; selon le bouddhisme, les racines du mal doivent se transformer en « générosité, amour bienveillant et sagesse » afin de surmonter la souffrance, et Nausicaä et Ashitaka y parviennent tous deux[184]. Lorsque les personnages des films de Miyazaki sont contraints de s’engager dans la violence, ils sont montrés comme étant une tâche difficile ; dans Le Château ambulant, Hauru est contraint de livrer une bataille inéluctable pour défendre ceux qu’il aime, et cela le détruit presque, bien qu’il soit finalement sauvé par l’amour et la bravoure de Sophie[182].

Suzuki qualifie Miyazaki de féministe en référence à son attitude envers les travailleuses[194]. Celui-ci décrit ses personnages féminins comme « des filles courageuses et autonomes qui n’hésitent pas à se battre pour ce en quoi elles croient de tout leur cœur », déclarant qu’elles peuvent « avoir besoin d’un ami ou d’un soutien, mais jamais d’un sauveur » et que « toute femme est tout aussi capable d’être un héros que n’importe quel homme »[195]Nausicaä de la Vallée du Vent est salué pour sa représentation positive des femmes, en particulier de la protagoniste Nausicaä[71]. Schellhase note que les personnages féminins des films de Miyazaki ne sont pas objectivés ou sexualisés, et qu’ils possèdent des caractéristiques complexes et individuelles absentes des films hollywoodiens. Schellhase relève aussi un aspect de « passage à l’âge adulte » pour les héroïnes des films de Miyazaki, car elles découvrent chacune « une personnalité et des forces individuelles »[182]. Gabrielle Bellot, de The Atlantic, écrit que, dans ses films, Miyazaki « montre une compréhension aiguë des complexités de ce que cela peut signifier d’être une femme »[196]. Bellot cite en particulier Nausicaä de la Vallée du Vent, louant la remise en question des attentes liées au genre dans le film, ainsi que la nature forte et indépendante de Nausicaä[196]. Bellot note également que le personnage de San de Princesse Mononoké représente le « conflit entre le moi et l’expression »[196].

Miyazaki se préoccupe du sens de l’émerveillement chez les jeunes, cherchant à maintenir les thèmes de l’amour et de la famille dans ses films[182]. Michael Toscano de Curator constate que Miyazaki « craint que les enfants japonais soient ternis par une culture de surconsommation, de surprotection, d’éducation utilitaire, de carriérisme, de techno-industrialisme et d’un laïcisme qui avale l’animisme natif du Japon »[197]. Schellhase écrit que plusieurs des œuvres de Miyazaki abordent les thèmes de l’amour et de la romance, mais il estime que l’accent est mis sur « la façon dont les individus solitaires et vulnérables sont intégrés dans des relations de confiance et de responsabilité mutuelles, qui profitent généralement à tous ceux qui les entourent »[182]. Il ajoute que les familles dans les films de Miyazaki incarnent une image idéalisée de la famille ou sont dysfonctionnelles[182]. Il considère que la famille non biologique du Château ambulant (composée de Hauru, Sophie, Marco, la sorcière des Landes et Hin) transmet un message d’espoir, à savoir que les exclus de la société peuvent « trouver un lieu d’appartenance sain »[182].

7 réponses à « Hayao Miyazaki et ses films »

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